Il y a aussi du beau

La crise sanitaire n’apporte pas que du négatif dans le milieu de l’éducation. Un enseignant et un technicien en travaux pratiques de l’École polyvalente Nicolas-Gatineau reconnaissent que l’année scolaire 2020-2021 est laborieuse pour tout le monde. Ils assurent toutefois que le plaisir, la motivation et la volonté sont toujours bien présents entre les murs de l’établissement scolaire.   

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Martin Belley enseigne les sciences et la technologie en secondaire 4. Tout comme les autres enseignants, il a dû s’adapter afin de respecter les mesures sanitaires du gouvernement.

« C’est certain que le contact avec les élèves est très différent. On doit faire attention à tout ce qu’on fait. Il y a une routine sanitaire qui s’est installée. Tout l’aspect organisationnel a aussi grandement changé. En sciences et technologie, nous avons une réalité particulière avec les laboratoires. Il y en a moins, mais on réussit quand même à en faire. Les laboratoires sont vraiment nécessaires. C’est une source de motivation pour nos jeunes », explique M. Belley.

Selon l’enseignant, il était essentiel que les élèves recommencent à fréquenter les écoles, en personne, après le congé des Fêtes. Les interventions et la concentration sont beaucoup plus difficiles en mode virtuelle. Résultat : la motivation des élèves et des membres du personnel en prend un coup.

« Quand mes collègues et moi avons choisi cette profession-là, ce n’était pas pour parler à un écran. Leur place, c’est à l’école. Il n’y a aucun doute là-dessus. Le confinement est parfois nécessaire, mais l’apprentissage est beaucoup plus efficace dans une classe avec des bureaux, des manuels et du matériel. Le contact humain est tellement important. Certains élèves m’ont même dit qu’ils n’avaient pas hâte de partir pour la semaine de relâche. »        

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Simon Charette, lui, est technicien en travaux pratiques et s’occupe des laboratoires de sciences et technologie en secondaire 4. Un local est réservé pour les quelque 450 élèves du niveau, dont la bulle-classe assiste aux ateliers à tour de rôle.

« On a dû faire une réorganisation des laboratoires. Maintenant, ils ont lieu une période sur deux. Je dois tout installer et désinfecter l’équipement, chaque fois, pour mes 18 groupes. Sincèrement, ça vaut la peine parce que les élèves sont vraiment enthousiastes. Je sais que j’ai un impact positif dans leur journée. Ils viennent manipuler et expérimenter des choses, donc ça leur permet d’oublier un peu leur quotidien », affirme M. Charette.

Le technicien en travaux pratiques en profite pour lancer un message d’espoir et de solidarité à tout le personnel en éducation.

« Nous sommes tous dans le même bateau. C’est exceptionnel ce qu’on réussit à accomplir présentement. Il ne faut surtout pas lâcher. Bientôt, on verra la lumière au bout du tunnel. Je suis certain que ce sera une autre réalité l’an prochain. »

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Martin et Simon sont d’avis que la pandémie amène son lot de défis, mais qu’elle permet surtout de tisser des liens forts avec les élèves. Ils sentent définitivement que leur apport est nécessaire dans la vie des élèves.     

« Nous n’avons pas de lunettes roses. Oui, il y a du négatif. Oui, il y a des élèves et des enseignants qui trouvent ça très difficile. Au-delà de tout ça, il y a aussi du beau. Les élèves veulent être à l’école plus que jamais et les profs aiment ce qu’ils font. Dans les prochaines années, quand on va croiser nos élèves à l’épicerie ou au restaurant, ils vont se rappeler de cette année scolaire exceptionnelle. Ils vont s’en souvenir toute leur vie. Nous aussi », conclut M. Belley avec émotion.